Sujet brûlant sur lequel rougissent les fesses médiatiques: la protection de l'environnement. Le combat le plus vital.
Novembre 2015.
Rupture de barrage au Brésil: une apocalypse de boues mortellement polluées s'abat sur un fleuve entier. Silence radio, ou presque.
Terrorisme, encore. Attentats islamistes en France, en Belgique. Effervescence.
J'enrage, de voir qu'une nouvelle fois le monde s'excite, s'interroge et se mobilise pour un événement et autour d'une problématique aussi futile et grossière. Rien de nouveau ni d'intelligent: une nouvelle guerre, le choc des civilisations, les vieilles religions, les fanatismes, le terrorisme, le patriotisme guerrier ou le pacifisme internationaliste etc. Rien de bien consistant moralement parlant, rien qui ne soit d'importance à l'échelle géologique ni même humaine et qu'on ne sache résoudre ou définir en se penchant sur les cycles précédents...
Alors qu'il faudrait enfin s'interroger sur le vieux modèle de Croissance économique, d'exploitation rustique des sols et du Sud, quand une telle catastrophe devrait amener une prise de conscience et une ambitieuse politique écologistes, les grandes instances mondiales aussi bien que les rédactions des grands journaux, les opinions nationales, les réseaux sociaux, sont obnubilés par les attentats et leurs conséquences. A bon droit, étant donné leur violence et le petit séisme politique qu'elles provoquent indirectement. Cependant, ces événements relèvent des faits divers: tapageurs et morbides, parasites et aveuglants, ils repoussent perfidement l'examen et la cure de maladies autrement plus nocives, véhiculées chaque jour par la société satisfaite. Pollution, télé-poubelle, chômage... Des affections qui sévissent quotidiennement, dans le monde entier, et non pas l'épisode dramatique d'une journée dans telle ville ou d'une décennie dans tel pays.
Je ne conteste pas qu'il s'agisse d'un sujet grave, d'un problème sérieux. La guerre et le terrorisme font et vont faire de nombreuses victimes. Mais je déplore que de pauvres consciences s'échinent à nous y replonger périodiquement, comme si la (modeste) allure de notre (maigre) Histoire menaçait de les laisser sur-place. Sempiternel retour des fanatismes archaïques, malgré l'éclair d'une génération. Bien sûr, il en a toujours été plus ou moins ainsi. Lorsque d'antiques mathématiciens ou philosophes démêlaient avec honnêteté les nœuds qui entravaient l'élan spirituel de leurs contemporains, il se trouvait toujours un pernicieux général, un prêtre servile ou un politicien bas-du-front pour ramener le débat sur la nécessité d'anéantir le voisin barbare, d'honorer quelque généreuses Déité ou de flatter la Plèbe. Pourquoi en seraient-ils autrement? Il y avait déjà suffisamment de sagesse sur les parois peintes des nos premier abris, et pourtant il a fallu compiler et recopier des Bibles, des Corans: de beaux livres tout neufs, qui n'apportent finalement pas grand chose.
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